Culture
L’ESAV forme aux métiers du cinéma au Maroc
Installée à Marrakech sur un terrain de 6000 m2, bénéficiant d’un équipement technologique de pointe, l’ESAV est soutenue par des parrains prestigieux comme Jean-Pierre Jeunet, Martin Scorsese et Abderrahmane Sissako. Elle forme des étudiants qui en sortiront avec une maîtrise de leur métier et la formation indispensable à l’exercice de ces professions à la fois techniques et artistiques. Ayant l’ambition d’être un pôle d’excellence avec ses professeurs de renommée internationale, l’ESAV décentralise son concours d’entrée du 7 au 11 septembre (date limite de réception des dossiers : 20 juillet) dans 8 villes d’Afrique subsaharienne : Abidjan, Bamako, Brazzaville,Conakry, Dakar, Libreville, Lomé, Tananarive. Sans oublier le moyen Orient : le Caire, Beyrouth et Koweit city. L’occasion de s’entretenir avec son fondateur et directeur : Vincent Melilli.
Afrik.com : Quelle action mène l’ESAV ?
Vincent Melilli : L’ESAV est une école de formation INITALE aux métiers des arts visuels sur le continent Africain. Elle s’adresse en priorité aux bacheliers du sud de la méditerranée car comme le dit le réalisateur Samba Félix Ndiaye « Pour une fois qu’au Sud, on a une telle proposition, il faut en profiter ! ». Permettre à tous les étudiants de passer le concours dans les mêmes conditions que leurs camarades marocains c’est aussi leur dire : « Si vous voulez devenir un professionnel de l’image et du son, participer à la production d’images de votre pays, cette école vous concerne » Grâce à CulturesFrance et aux instituts français, nous avons pu organiser ces actions et même si cela demande beaucoup d’énergie et de mobilisation, nous sommes très heureux et impatients de recevoir nos nouveaux candidats.
Afrik.com : La décentralisation du concours vous a-t-elle permis de tisser des liens avec toutes ces villes d’Afrique ?
Vincent Melilli : Oui, mais dés sa conception l’ESAV s’est considérée comme une école internationale … sur le continent africain ! Un de nos parrains : le réalisateur Abderrahmane Sissako s’est tout de suite mobilisé pour soutenir ce projet tant l’enjeu de la formation d’une nouvelle génération d’artistes en Afrique est capital. Etablir des liens avec les professionnels de l’Afrique subsaharienne est une évidence. Nous avons de grands projets d’échanges et de coopération. La décentralisation du concours va dans ce sens.
Afrik.com : Vous avez également des partenaires européens importants
Vincent Melilli : En effet, afin de garantir que les compétences des étudiants répondent aux exigences de qualité internationales, nous tavaillons en partenariat avec l’INSAS à Bruxelles, l’ESAV à Toulouse, London film School à Londres et la Haute Ecole d’Art et de Design à Genève. Cela permet l’échange au niveau des professeurs de renommée internationale mais aussi au niveau des étudiants qui réalisent leurs stages
Afrik.com : Quel est le quotidien d’un étudiant de l’ESAV ?
Vincent Melilli : Il est beaucoup à l’ESAV ! Le rythme est très soutenu. L’enseignement associe cours théoriques, travaux pratiques, ateliers de création. Sans oublier toutes les projections. Nous sommes aussi une école du regard. Comment voir un film, en parler, savoir le critiquer. Les étudiants ont accès un dvdthèque du monde entier. Notre ambition est qu’un jeune professionnel de la réalisation, de l’image, du son, du montage, de la création graphique et du multimédia puisse en sortant de l’ESAV, mener aussi bien une carrière d’artiste indépendant, créer sa propre structure, intégrer des équipes de tournage ou devenir cadre au sein d’une entreprise du secteur. Pour le reste, il a le quotidien de tous les étudiants du monde. Il doit se nourrir, se loger, vivre. Nous leur fournissons des pistes, ils se débrouillent. Certains habitent en colocation, d’autres louent un studio. Pour un étudiant, hors frais de scolarité, il faut compter 30 000 dirhams par an , soit 3000 euros pour vivre à Marrakech.
Afrik.com : Vous avez par ailleurs une mission de mixité sociale, capital pour l’accès à cette formation d’excellence, c’est-à-dire ?
Vincent Melilli : Le jury ne prend pas en compte les capacités financières de l’étudiant. Une fois reçu, celui-ci a la possibilité de présenter son dossier à la « commission fonds de bourse » qui peut lui attribuer une somme qui lui permet de payer en partie ou en totalité le montant de sa scolarité.
Afrik.com : Pouvez - vous nous raconter 3 grands moments à l’ESAV qui a 3 ans d’existence ?
Vincent Melilli : Il y en a eu tant… Avec 100 étudiants dans les murs, tous ces professionnels venant d’horizons différents, l’école est une ruche permanente et la vie y est très intense pour tous. 3 moments, je dirais d’abord l’inauguration le 14 décembre 2007 après 2 ans de travaux. Le rêve devenait réalité sous les yeux ébahis des premiers étudiants, mais aussi de tous les invités qui visitaient nos plateaux de tournage, les 20 salles de montage, les 3 salles de projection etc…Ensuite, je pense à la visite de Martin Scorsese, notre émotion commune, moi à le rencontrer lui à découvrir l’ Ecole et à proposer son parrainage et des propositions de collaborations. Un moment inoubliable… Le 3 ème moment c’est le premier prix de l’ESAV remis en septembre dernier au festival de San Sebastian à El Mehdi azzam, étudiant en 3 année pour son film « le bal des suspendus » J’étais dans la salle, au téléphone avec Marrakech…On était tous très fiers !
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