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Opinion

mercredi 31 décembre 2008 - 15:27 EST

2008 : une année chaotique pour l’Afrique

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par AFL Editorial Source: Afrik.com
Category(ies):Opinion, A La Une
Region(s): Afrique
Country(ies): Serbie
Guerres, crise économique, élections avortées…, pour l’Afrique, l’année 2008 fut rude. Entre les dictateurs et les putschistes, la population peine à se faire entendre. Seuls quelques pays sont parvenus à relever le défi de la démocratie. L’élection de Barack Obama aux Etats-Unis a redonné espoir à un continent en mal de reconnaissance et qui peine encore à trouver sa place dans l’échiquier mondial. Afrik.com dresse le bilan.

L’année 2008 reste mitigée en Afrique. Le continent a été le théâtre de violents affrontements. La République Démocratique du Congo (RDC) a connu un regain de violence au dernier trimestre 2008. Les rebelles menés par le général Tutsi Laurent Nkunda, installés dans la province du Nord-Kivu (nord-est de la RDC), ont défié le gouvernement de Laurent Désiré Kabila. Pillages et massacres ont ponctué l’année dans ce pays où la guerre civile a fait cinq millions de morts depuis 1997.

L’Afrique à feu et à sang

L’histoire se répète en RDC. Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien vice-président de la République démocratique du Congo, président et commandant en chef du mouvement de Libération du Congo (MLC) s’était heurté, lui aussi, aux hommes de Kabila. Accusé par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes de guerres et de crimes contre l’humanité commis sur le territoire centrafricain, Jean-Pierre Bemba, a été arrêté le 24 mai.

La CPI n’en est pas à son coup d’essai. Cette année, les présidents africains ont dû en découdre avec la justice internationale. Omar El-Béchir en a fait les frais. Le 14 juillet, le chef de l’Etat soudanais s’est vu remettre un mandat d’arrêt pour « génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre » au Darfour, province de l’ouest du Soudan. Un conflit qui a fait 300 000 morts et 2 500 000 déplacés depuis 2003. Cette inculpation n’a pas fait l’unanimité en Afrique et en… France en raison des intérêts économiques que représente ce pays.

L’Hexagone a mis encore cette année un pied en Afrique, que ce soit pour défendre Omar El-Béchir ou pour soutenir les six membres de l’ « Arche de Zoé », une ONG française. Les humanitaires condamnés en décembre 2007 par la justice tchadienne à huit ans de prison pour avoir tenté d’enlever une centaine d’enfants pour les emmener en France, ont été graciés par le président tchadien Idriss Déby Itno, le 31 mars. La France n’a pas eu à se salir les mains. Elle a attendu qu’Idriss Déby, menacé par une coalition rebelle, ait besoin de son soutien militaire et logistique. La France a troqué la victoire du gouvernement tchadien contre la grâce de ces « pieds nikelés ».

La démocratie : un défi pour le continent

L’Afrique, meurtrie par les conflits militaires, a également dû faire face à des crises électorales en 2008. Le Zimbabwe est dans l’impasse politique depuis mars. Malgré la victoire aux élections du 29 mars du leader de l’opposition, Morgan Tsvangirai, Robert Mugabe refuse tant de céder le pouvoir que de le partager. Cette crise politique s’est greffée à une crise économique devenue quasi structurelle au Zimbabwe. L’hyperinflation a atteint le niveau record de 80 milliards % par mois, mi-décembre, plongeant la population dans une misère sans nom. Misère et aussi maladie. Près de 1546 personnes sont déjà mortes du choléra et près de 30 000 sont contaminées. Seul espoir pour ces populations : l’exode, notamment vers l’Afrique du Sud voisine où les étrangers ne sont pas toujours les bienvenus. Des violences xénophobes ont causé la mort de plusieurs dizaines de Zimbabwéens et de Mozambicains, à la mi-mai.

Un événement inattendu dans la nation « arc en ciel », elle-même en proie aux démons de la division. Thabo Mbeki, ancien chef d’Etat, accusé de corruption, a été poussé à la démission, le 20 novembre, par l’actuel leader de l’ANC, Jacob Zuma. Une façon irrévérencieuse mais efficace de préparer son accession au pouvoir pour les élections de 2009.

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