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Socatel: ouverture de capital ou privatisation voilée
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu’à germé dans la tête du ministre des Postes et Télécommunications, l'idée de la privatisation la Société centrafricaine des télécommunications. II l'a d'ailleurs longtemps soutenu lors des nombreuses rencontres avec le personnel de ladite société.
La privatisation n'est pas une mauvaise chose. Mais avant celle-ci, la question «Pourquoi privatiser» doit inciter à la réflexion et «Comment privatiser» doit être la pièce maîtresse de l'opération. Encore faut-il ne pas perdre de vue l'aspect juridique que requiert cette privatisation.
Si aujourd'hui on nous parle d'ouverture de capital, c'est-a-dire ouvrir les actions de la Socatel à un autre partenaire, et que cette ouverture de capital dépasse les 50%, comme cela en est le cas actuellement avec la SO¬CATEL, nous pensons que le terme privatisation est le plus approprié.
Aujourd'hui, Monsieur Fidele NGOUANDJIKA, ministre des Postes et Télécommunications, chargé des Nouvelles Technologies a fait une ouverture de capital à des partenaires qui viennent de Libye. Ce partenaire va disposer de 60%, et pour cela on lui exige le déboursement d'un peu plus de dix milliards.
La question qui nous brûle aujourd’hui les lèvres est la suivante:
Vu que l'Etat centrafricain doit de l'argent a la Société centrafricaine des télécommunications, ne faudrait-il pas attendre qu'on en finisse d'abord avec ce problème avant de débuter un autre épisode?
On garde en mémoire que l'une des recommandations du Dialogue politique voudrait qu'il y ait audit des sociétés d'Etat. Dans ce cas, ne vaudrait-il pas la peine de souffrir un peu en attendant la mise en exécution de cette recommandation?
Faisons d'abord une petite comptabilité afin d'évaluer tout le patrimoine de la SOCATEL, qu'on veut vendre pour une bouchée de pain lorsqu'on sait que le cas PETROCA devrait nous servir de leçon:
Depuis la création de la SOCATEL en 1990 elle a acquis:
- Un central OCB 283. ALCATEL;
- Un logiciel R24 et R25 ;
- Une plateforme prépayée et son extension;
- Un central GSM de 40 milliards de francs CFA dont le projet pilote actuel est de 10 milliards;
- Tous les sites des provinces ;
- La station satellitaire de M'poko (CIS) ;
- Les infrastructures de Bangui et des stations provinces Internet ;
- Le logistique ;
- Le logiciel de facturation GPTO
- Et sans compter le coût du personnel (arriérés de salaire, les différences d'avancement, les treizièmes mois, l'OCSS) et d'autres droits légaux qui ne sont pas payés jusqu'à ce jour!
Peut-on vraiment estimer tout ce que nous venons de citer 14 milliards de francs seulement?
Les gens pourraient interpréter autrement ce pressant besoin comme une tentative d'épargner la Socatel des audits qui se profilent a l'Horizon, une réelle volonté de cacher ce qu'on ne saurait dire.
La République centrafricaine est-elle donc condamnée à voir ses meilleures sociétés partir comme de la fumée, sociétés qui ne profitent qu'a certaines personnes? N'est-ce pas ce qui est arrive après le bradage de la PETROCA et de la SOGESCA?
A ce rythme, nous avons peur que demain ce soit le tour de la SEGA, de CENTRAPLM et pourquoi pas de l'ENERCA?
La SOCATEL étant créée par une loi, ne faut-il pas passer par l'Assemblée nationale pour de telles opérations?
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