Economie
Le scandale Satyam discrédite le modèle capitaliste indien
Satyam n'est donc pas le fer de lance que l'on croyait. Sa marge opérationnelle n'est pas de 24 %, comme l'indiquaient les comptes audités par PricewaterhouseCoopers, mais de 3 % ; les liquidités atteignent 57 millions d'euros, très loin des 53,6 milliards de roupies (807 millions d'euros) annoncés.
La mise au jour de l'escroquerie a été rapide. En décembre 2008, lorsque Satyam a tenté d'acheter deux firmes de construction, les actionnaires se sont opposés à l'opération et le cours de l'action s'est effondré. Cette chute aurait alors déclenché le réajustement fatal d'un dépôt de garantie en actions associé à un emprunt d'1 milliard de dollars.
Contrairement à M. Madoff, M. Raju soutient que la fraude ne l'a pas enrichi personnellement. Mais il a été animé par des motivations similaires : l'honneur de recevoir l'accolade dans les cercles d'affaires indiens très fermés. Il affirme qu'au départ, il ne s'agissait que de camoufler une incohérence mineure. Puis, la manipulation a pris de l'ampleur, est devenue "impossible à contrôler".
Ces révélations portent un coup au monde des affaires indien. Les grands groupes ont déjà vécu une année difficile : mauvais résultats et acquisitions malheureuses ont affaibli la réputation d'empires comme Tata ou Reliance. Ce scandale va saper un peu plus le modèle capitaliste local basé sur des conglomérats familiaux.
(Traduction de Christine Lahuec.)
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